ψThomas WalquemanePsychanalyste · Paris 14ᵉ
1908東京汽船
Pourquoi partir ?

Pourquoi voir un psy ?

Nous avons évoqué à grands traits ce qui peut pousser un sujet à se lancer dans cette aventure. Quelques précisions supplémentaires cependant ne sont pas superflues.

Il y a toujours lieu d'y recourir lorsque vos difficultés personnelles deviennent si inhibantes, si envahissantes, que s'impose à vous l'intime conviction que vous ne pouvez y faire face seul.

Pour être un peu plus clair, et à titre d'exemples simples, il n'est pas utile de consulter si vous avez le trac quand vous devez prendre la parole en public. Mais si votre timidité est un réel handicap, parce qu'elle vous empêche de sortir de chez vous, parce qu'elle finit par menacer de détruire votre vie sociale, alors la décision s'impose.

De même, suite à une rupture amoureuse ou à un décès, il est normal d'être la proie d'un chagrin. En revanche, si votre tristesse s'éternise, si vous observez des signes de dépression profonde - perte d'appétit, repli sur vous-même, isolement etc. -, si la douleur déborde la sphère de votre vie privée et en contamine d'autres - comme la vie professionnelle -, alors, là encore, il est préférable de consulter.

Reste un point à préciser. C'est le plus essentiel. N'oubliez jamais que tous ceux qui se sont engagés dans cette aventure l'ont presque toujours fait d'eux-mêmes. Lorsque cette nécessité s'impose, elle est, dans la plupart des cas, reconnue comme telle par le sujet, et il n'a alors besoin de personne pour savoir ce qu'il a à faire.

Choisir son compagnon de route

Comment choisir son psy ?

Encore au stade des préparatifs, vous vous êtes décidé pour le voyage, votre réflexion a suffisamment mûri, vous sentez que vous n'avez d'autre choix que de faire appel à quelqu'un pour vous aider à sortir de vos maux. Reste à trouver celui ou celle que vous choisirez pour accompagner vos pas. Évidemment, le souhait de trouver quelqu'un de compétent vous retient encore un peu, et vous avez entendu parler de différentes méthodes, d'écoles, voire de disputes plus ou moins sérieuses, plus ou moins théoriques. Voilà encore deux questions bien légitimes.

Premier point : Le plus important !

Quel que soit le chemin que vous emprunterez pour arriver jusqu'à votre compagnon de voyage, cette question du choix reste éminemment subjective ! Il doit se porter sur celui ou celle qui vous inspire confiance.

Même si cela vous oblige à plusieurs premiers entretiens avec plusieurs « psys », il est évidemment très important que vous vous sentiez bien accompagné. Vous pouvez naturellement vous fier à vos premières impressions, dès la première séance, et à votre envie de revenir, ou pas.

Prenez seulement garde, en particulier dans les premiers temps, lorsque vous avez le sentiment que votre choix est fait, à ne pas vous décourager trop vite à la moindre difficulté. Au cours du travail, il est normal de traverser des moments difficiles, c'est même plutôt bon signe. Vous vous sentirez parfois déboussolé, parfois perdu, parfois las. Il peut même arriver que ce soit un peu douloureux. Normalement, si vous vous êtes rendu en ce carrefour de votre existence, c'est que vous avez appris à vous méfier de vous-même. Travailler sur soi, découvrir, apprendre, suppose assurément quelques efforts…

Comment le trouver ?

Plusieurs solutions s'offrent à vous. À mon avis, parce que l'essentiel est le contenu du travail, elles sont d'égales valeurs.

Les pages jaunes. Un moyen comme un autre de trouver une adresse. Surtout si l'on s'en tient à ce qui précède, à savoir que l'essentiel relève de ce que vous inspire celui ou celle qui vous accompagnera.

Le « bouche à oreille ». C'est la solution la plus fréquemment choisie. Il est souvent rassurant d'entendre un ami ou une connaissance vous recommander un professionnel. Dans le même esprit, si vous souhaitez que votre démarche reste discrète, vous pouvez encore demander des coordonnées à votre médecin traitant, ou à l'un des professionnels de santé que vous avez l'habitude de consulter. Tous, ou presque, ont des adresses qu'ils vous communiqueront.

Les écoles de formation. La solution « a priori » la plus sûre. Vous pouvez vous adresser aux écoles de formation dont vous trouverez aisément les adresses sur internet. Les écoles psychanalytiques représentent une sorte de garantie sur le sérieux de la formation suivie par le professionnel vers qui vous serez adressé.

Reste enfin la question, plus épineuse, des différentes méthodes — vers quelle approche se tourner ? Voir « Les approches » →

Le prix du chemin

Combien ça coûte ?

Pièces romaines antiques
Le prix du chemin.

Le nerf de la guerre, évidemment ! Cela dit, il est parfaitement normal que ce soit une question, voire un problème, et à ce titre, il était légitime que les « psys » soient tenus de répondre. N'attendez cependant pas de réponses idéales et définitives, vous serez déçus, elles n'existent sans doute pas.

Tant de rumeurs - pour un peu, j'aurais dit fantasmes - circulent sur l'argent et les « psys », quelles que soient l'école et la pratique dont ils se réclament, qu'il est en effet souvent difficile de s'y retrouver. Certains exigent un tarif fixe, parfois peu, parfois beaucoup - dans ce cas c'est souvent beaucoup d'ailleurs -, d'autres fixent le prix en fonction des moyens des patients, après une brève et cordiale négociation. En outre, dans la plupart des cas, le tarif augmente un peu régulièrement - tous les ans ou tous les deux ans par exemple - avec l'augmentation du coût de la vie.

Du côté des « justifications théoriques », dans le désordre et brièvement, il se dit, se lit ou s'entend que « le prix de la séance, c'est le prix de la parole », « il faut que ça coûte pour que ça avance », « il ne faut pas négocier sur son désir », « l'argent mobilise quelque chose de l'érotisme anal » et je ne sais quoi d'autre encore. C'est ici qu'il faut se montrer vigilant à mon avis. Et il y a tout lieu de repousser, dans un premier temps énergiquement, les élucubrations parfois oiseuses sur le thème de l'argent en psychanalyse ou de l'argent et l'inconscient.

Certes, l'argent comme mesure sociale, ou plus simplement comme phénomène social, fait partie de nos vies à tous ; à ce titre, il concerne la psychanalyse - comme d'autres disciplines - et les psychanalystes. Ainsi, il était normal et légitime que « la théorie psychanalytique » se saisisse de la question et qu'une réflexion soit menée sur le problème de l'argent.

De même, il est aussi quasi inévitable - « quasi » seulement - que la question du rapport que chacun entretient à l'argent surgisse sur le chemin d'une analyse. Mais dans ce cas, et c'est là le point le plus essentiel, l'organisation de cette question est TOUJOURS de l'ordre du particulier. Le rapport que chacun entretient avec l'argent est DIFFÉRENT dans chaque cas.

Ce qui nous laisse ici encore sans réponse claire et solide sur laquelle s'appuyer.

Au fond, à mon avis, il n'y a qu'une manière de résoudre la question. Même si elle apparaîtra certainement trop simple à beaucoup de « psys », elle m'a semblé suffisamment solide pour fournir un point de départ consistant pour les deux parties. Pour le psychanalyste ou le psychologue, et pour celui qui s'engage sur cette voie pleine de surprises.

Non, le psychanalyste n'a pas à faire la charité. Oui, les séances auront un prix. C'est de cela que le psychanalyste vit.

A partir de là, reste la question du montant de ce tarif. Il aura donc à être fixé par la voie d'un accord entre les deux parties. C'est une sorte de contrat. Sur ce point, il devra convenir aux deux. Il aura à être correct pour le psychanalyste et acceptable pour le patient. Sans un tel accord, nécessaire mais non suffisant, le travail ne commencera pas.

Séance
70 €
consultation individuelle
Supervision en groupe
200 €
l'heure · six pers. max
La durée du chemin

Combien de temps ça dure ?

Sablier ancien devant une horloge
Le temps de l'analyse.

La question du temps est triple. En réalité plus que triple, mais cela relève des surprises et des découvertes qui se font pendant le travail. Ici il suffit de rappeler non seulement que les séances ont une durée, une fréquence, mais encore que l'ensemble du travail en a une autre.

Sur ces points, encore une fois, les pratiques sont variées et dépendent des choix des différents praticiens, des écoles auxquelles ils appartiennent mais aussi souvent de la formation qu'ils ont eux-mêmes suivie.

C'est ainsi que, les appréciations qui suivent ne peuvent en aucun cas avoir valeur de règle générale ; encore une fois, chacun aura à exercer son libre arbitre, toujours en fonction de ses aspirations, de sa réflexion et à partir des possibilités offertes « sur le marché ».

La durée des séances

Elles sont soit courtes soit longues et soit à durées fixes soit à durées variables.

Que les séances puissent être à durées variables fut, au début des années cinquante, un des points de dispute les plus vifs concernant la pratique du docteur Jacques Lacan, un des premiers en France à pratiquer des séances à durée variable et assez régulièrement très courtes. Bien entendu, nombreux furent ceux qui lui reprochèrent, à lui et à ses élèves, de s'enrichir un peu trop et un peu trop facilement puisque des séances à durées variables ouvrent à la possibilité des séances courtes et, par voie de conséquence, à la multiplication du nombre de séances quotidiennes. Bref encore l'argent.

Parce que ce n'est pas le lieu ici d'entrer dans les détails, parfois techniques, d'une dispute qui, même si elle commence à dater un peu, fait encore rage aujourd'hui, nous ne pouvons que donner un bref aperçu des enjeux de la question, en prenant le soin d'écarter les mesquineries financières, peu fécondes quant au fond.

En bref donc, les partisans des séances à durées fixes considèrent qu'il faut, pour que l'analyse puisse se faire, donner à l'inconscient un « cadre » déterminé et le plus fixe possible. Ainsi, de même que la durée des séances, les autres éléments de ce cadre sont eux aussi prédéterminés et immuables : la fréquence, le jour, l'heure et le tarif. À titre d'exemple, l'une des plus anciennes et des plus importantes écoles de psychanalyse dispose que les séances doivent avoir lieu trois fois par semaine, aux mêmes jours et heures, que leur tarif est de soixante euros pour une durée de quarante-cinq minutes ; temps fixe censé permettre à l'inconscient d'avoir « le temps de s'ouvrir ».

« De l'autre côté », avec et après Jacques Lacan, la psychanalyse est pensée en une expérience de discours, elle se fait donc en fonction du contenu du discours du patient, c'est-à-dire en fonction de ce qui se dit pendant la séance. Or il est parfaitement possible d'en dire beaucoup en peu de mots, le temps d'un éclair ; de même qu'un long discours peut parfaitement être infécond au regard de l'analyse et de l'inconscient. En conséquence de quoi ce n'est pas la prédétermination du temps de la séance qui permettra à l'analyse de se faire, mais le jeu des séquences de discours énoncées pendant la séance, qu'elles soient brèves ou longues.

À ceci nous pouvons ajouter que, toujours dans la ligne de Jacques Lacan et ses élèves, l'inconscient est pensé comme un petit malin, un rusé capable de jouer des tours de malice au sujet en analyse ; qu'il est donc capable de se jouer de ce « cadre » par trop « installé » et prévisible ; qu'à ce titre il y a lieu d'en tenir compte en cherchant à le surprendre et à le bousculer un peu, que ce n'est pas une quantité de temps qui permet à l'inconscient de se dévoiler.

La fréquence des séances

Nous venons d'indiquer combien les pratiques sur la fréquence des séances étaient variées en fonction des écoles et des formations possibles. Une fois par mois, tous les jours en passant par deux fois par semaine. Il n'est cependant pas superflu d'ajouter une petite appréciation générale sur la question.

Si nous gardons à l'esprit que la finalité générale d'une analyse est d'en sortir un sujet « analysé », et que l'analyse est un travail qui s'apparente à un véritable voyage, alors il faut bien reconnaître que, pour qu'il se fasse, il est presque indispensable qu'il ait une « inertie ». Cette inertie ne peut se conférer au travail que lorsqu'il est un minimum entretenu.

Un peu sur le modèle de la vitesse du train, entretenue conjointement par sa masse et l'alimentation de la chaudière à charbon.

C'est par cette raison que cette fréquence des séances se justifie. Si une séance par mois ou même par semaine semble un peu léger, une fois par jour - comme au temps de Freud - paraît peu réaliste compte tenu des conditions de vie et de travail qui sont les nôtres aujourd'hui.

La durée d'une analyse

L'un des points les plus délicats pour la psychanalyse. Il est vrai, nous l'avons déjà dit et reconnu, une analyse est un processus long, lent, complexe, parfois pénible. Nous avons aussi déjà dit que les adversaires de la psychanalyse ne se privaient pas de le lui reprocher durement. Le temps et la peine, dont il est difficile de faire l'économie pour mener l'entreprise suffisamment loin, cadrent certes mal avec la rapidité et la précipitation de notre monde moderne.

Expliquer pourquoi ce processus peut être long. Voilà, au fond, la seule possibilité que nous laisse ce constat.

Pour commencer, il est vrai qu'une analyse a un terme naturel qui est facile à qualifier : il advient lorsque l'analyste et l'analysant ne se rencontrent plus pour le temps de travail analytique. Ils en décideront ainsi lorsque l'un ET l'autre auront acquis la conviction que, pour faire simple, deux conditions sont remplies ou à peu près.

Premièrement, que le patient ne souffre plus de ses symptômes et ait surmonté ses angoisses et inhibitions. Deuxièmement, que tant de refoulé ait été rendu conscient, tant d'incompréhensible élucidé, tant de résistance vaincue, que la répétition des processus pathologiques ne soit plus à craindre.

Les faits, le socle indestructible de l'observation, l'ensemble des analyses menées suffisamment loin, nous enseignent maintenant quelque chose de très important : pour atteindre cette étape, ce roc de l'analyse, il n'est pas possible d'économiser l'exploration de vastes contrées. La lenteur et la longueur de ce travail s'expliquent alors de deux manières : personne ne peut savoir à l'avance le temps qui sera nécessaire pour atteindre ce point ; et pour l'atteindre, il vaut mieux avancer lentement, prudemment et à pas mesurés.

« Nous pratiquerons ensemble l'art de voyager »

Nous avions comparé le processus analytique à un voyage. Nous pouvons maintenant préciser un peu quelques-uns des aspects de ce voyage. Il s'agit bien d'un voyage à deux. Il est toujours nouveau, toujours entrepris pour la première fois. Pour cette raison, c'est un voyage dont la destination finale, le jour et l'heure d'arrivée restent inconnus tant qu'ils n'ont pas été atteints. Un voyage dont les étapes et les embûches restent mystérieuses tant qu'elles n'ont pas été franchies.

Il y a lieu de choisir entre un travail un peu lent et donc potentiellement long, mais suffisamment avancé pour être potentiellement solide et durable ; et un travail plus bref, mais qui comporte le risque de l'éphémère. Il est certes plus fastidieux et plus long d'inscrire un texte dans le marbre plutôt que dans le sable.

Anecdote

Il faut toujours écouter les bûcherons.

Un jeune homme passionné s'était jeté bille en tête dans l'aventure psychanalytique, sans se douter des épreuves qui l'attendaient. Elles furent rudes. Mais le souhait d'être un jour psychanalyste ne l'avait jamais quitté. Il avait décidé d'assumer et d'affronter ces embûches coûte que coûte.

Au cours d'une période de vacances, son père, patient, avait rendez-vous en pleine forêt avec un des professionnels d'une organisation chargée d'exploiter les bois du pays. C'était l'occasion, pensa-t-il, d'emmener avec lui son fils pour lui montrer cette terre dont il hériterait un jour. Ce père, amoureux de la nature d'un coin reculé de France, avait acheté quelques hectares de bois.

La moindre des choses était pourtant d'être présent à cette rencontre. Huit heures quinze, le corps encore mâché d'un sommeil trop court, un thé à peine avalé, les yeux à demi ouverts, une chaussette bleue, une chaussette blanche et un tee-shirt douteux enfilés à la hâte, les voilà partis pour une entrevue avec un improbable bûcheron.

Avec une mauvaise volonté certaine, plein de l'humeur maussade de ceux dont la nuit a été écourtée pour des broutilles, il finit par prendre part à la conversation. Agacé, il demande au bûcheron avec une pointe d'arrogance :

— « Mais ça sert à quoi d'acheter de la forêt ? Ça vaut vraiment le coup ? »

— « Ah ben oui ! À tant l'hectare le calcul est vite fait : c'est tant la stère de bois d'ameublement, tant la stère de bois de charpente, et tant la stère de bois de chauffage. Bien géré, en moins d'un an l'hectare de forêt est amorti ! »

Maintenant le dormeur a les yeux bien ouverts. Surpris d'apprendre que l'exploitation d'un bois comporte des finesses qu'il n'avait pas soupçonnées :

— « Comment ça, le bois de chauffage ? Le bois de charpente ? Ce n'est pas pareil ? Comment on fait pour savoir quel bois choisir ? »

— « Ben c'est simple : le bois d'ameublement c'est plutôt les pins, sapins et épicéas parce qu'ils sont plus faciles à travailler, mais ils brûlent trop vite, donc ce n'est pas du bois à utiliser pour le chauffage. Et le bois de charpente, il faut qu'il soit costaud et qu'il ne bouge pas trop une fois coupé et sec, alors il faut le couper en altitude. »

— « Ah bon ?! Le bois de charpente doit être coupé en altitude ? Mais pourquoi ? »

« Le bois qui a poussé en altitude, il est plus solide parce qu'il a poussé plus lentement. »

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